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Présidentielle ivoirienne : &a
2016-12-22 publié fois Vue

Nicolas Germain a couvert pour France 24 la crise post-électorale en Côte d’Ivoire en 2011. À l'occasion de la présidentielle de 2015, il constate que la situation a bien changé, même si le clivage entre les camps Ouattara et Gbagbo reste prégnant.

Lors de mon dernier reportage en Côte d’Ivoire, en avril 2011, l’aéroport d’Abidjan était fermé à cause de la guerre. Avec mon collègue Johan Bodin, nous avions dû atterrir à Ouagadougou, au Burkina Faso. Puis conduire à vive allure jusqu’à Abidjan, théâtre de violents affrontements. L’ONU avait certifié la victoire d’Alassane Ouattara à la présidentielle de décembre 2010, mais l’ex-chef d’État Laurent Gbagbo ne reconnaissait pas sa défaite.

Abidjan, plusieurs millions d’habitants, était à l’époque déserte. Les gens restaient terrés chez eux. La peur des snipers. Ça et là, des cadavres, parfois au milieu de la route.

Les hélicoptères de l’ONU et de la France tiraient sur les pro-Gbagbo. Ils ont facilité, le 11 avril, l’arrestation de leur chef par les FRCI, les forces pro-Ouattara. À l’hôtel du Golf, le QG du futur président, des scènes de joie, mais aussi de lynchage – j’ai vu le fils du président, Michel Gbagbo, se faire rouer de coups. Nous filmions la résidence du chef de l’État en flammes, les soldats de Ouattara une bouteille de champagne à la main, à leurs pieds les cadavres des militaires de Gbagbo.

Quelle différence !

Quelle différence cette fois-ci lorsque j’arrive pour couvrir la présidentielle ! Au lieu de rues désertes, des bouchons. La ville s’est agrandie. Un troisième pont, construit par Bouygues, traverse la lagune. Le pays a connu un taux de croissance de près de 9 % par an depuis 2011, même si de nombreux Ivoiriens vivent encore sous le seuil de pauvreté. Le 25 octobre, dans les quartiers pro-Ouattara, comme Adjamé ou Abobo, les électeurs sont nombreux dans les bureaux de vote. Ils vantent les chantiers économiques du président.

Mais dans les zones fidèles à Laurent Gbagbo, il n’y a pas foule le jour du vote. À Yopougon, même après l’élection, un commerçant affirme : "Notre candidat c’est Gbagbo". Pour cette raison, lui et ses amis n’ont pas voté, Gbagbo étant à La Haye, où il attend son procès devant la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité durant la crise post-électorale. "Il n’y a pas eu de réconciliation", disent-ils. Comme les organisations des droits de l’Homme, ils pointent le fait que durant le premier mandat de Ouattara, seuls des pro-Gbagbo ont été mis derrière les barreaux, alors que des exactions ont été commises par les deux camps en 2011.

L’attente est interminable

Les résultats de l’élection tardent à tomber. Les tablettes biométriques utilisées pour la première fois ici n’ont souvent pas bien fonctionné. On a constaté qu’elles avaient eu plus de succès lors de l’élection au Nigeria en mars. Le 26 octobre, la télévision d’État, la RTI, donne les résultats de 18 communes. Mais le lendemain, la Commission électorale indépendante (CEI) affirme dans un communiqué que les chiffres annoncés jusqu’ici ne proviennent pas de sa commission centrale... La situation est confuse. "L’attente est interminable", nous disent plusieurs Ivoiriens. Les journalistes s’endorment sur les chaises en plastique à la CEI. L’attente est d’autant plus longue que personne ne doute du nom du vainqueur, son principal rival étant en prison.

Finalement ce sera 83 % pour Alassane Ouattara, 9 % pour Pascal Affi N’Guessan du FPI, le parti de Laurent Gbagbo. Cette formation était divisée entre ceux qui soutenaient Affi N’Guessan et ceux qui avaient appelé au boycott. Le taux de participation est de 54 %. Près d’un électeur sur deux n’a pas voté, le mot d’ordre de l’abstention parmi les fidèles de Gbagbo a fonctionné. Il montre que malgré la croissance économique le pays reste divisé. "La réconciliation, ça prend du temps", lâche un habitant d’Abobo.
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